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Selon Amnesty International, 281 personnes ont été tuées dans le monde en 2016 parce qu’elles défendaient leurs droits. Parmi elles, 200 défendaient leurs terres ou l’environnement, d’après un rapport publié par l’ONG mardi 5 décembre.

Amnesty International estime qu’au total 3 500 défenseurs des droits ont été assassinés en vingt ans. Parmi eux, le nombre de défenseurs de l’environnement est de plus en plus important. L’ONG a donc décidé de s’engager cette année pour la protection d’un certain nombre d’entre eux. franceinfo a rencontré l’un de ces défenseurs de l’environnement.

Sa maison a déjà été incendiée et il ne compte plus les menaces qu’il a reçues mais Clovis Razafimalala est un infatigable défenseur de la forêt de Madagascar contre les trafiquants de bois de rose. Ce matériau précieux est pourtant sous embargo international. Cet informaticien malgache de 47 ans lutte contre des criminels sans grand soutien des autorités.

Il a été victime de pressions. « J’ai été emprisonné à la suite d’une manifestation publique alors que je n’étais même pas présent sur les lieux. » Malgré ses difficultés, Clovis s’estime chanceux par rapport à d’autres défenseurs de l’environnement à Madagascar. « Il y en a un qui est dans la partie nord de Madagascar, c’est un policier de l’environnement. Il a été tué. D’autres ont été tués à Mananara par des braconniers. »

Les défenseurs de l’environnement sont menacés parce qu’ils protègent la terre de leurs ancêtres ou celles qu’ils cultivent pour leurs besoins alimentaires. Ils subissent des pressions de la part de braconniers, mais aussi de fonctionnaires corrompus de certains Etats qui n’enquêtent pas sur les meurtres ou qui participent directement à la disparition des militants.

Le rapport dénonce tour à tour l’exploitation de l’huile de palme, les minerais mais aussi la pollution industrielle. Le Brésil est l’un des pays les plus dangereux pour les militants de l’environnement, avec 66 membres du Comité brésilien de défense des droits humains tués en 2016.

Pour Camille Blanc, présidente d’Amnesty International en France, défendre ces militants est essentiel. « On a de nombreux témoignages de personnes qui étaient emprisonnées ou torturées et qui nous ont dit que leurs conditions se sont améliorées à partir du moment où Amnesty International les a soutenus. »

Mais ces mobilisations internationales ne fonctionnent pas toujours. L’an dernier, Berta Caceres, militante écologiste au Honduras, a été tuée en rentrant chez elle. Elle avait pourtant reçu en 2015 le prestigieux prix Goldmann, attribué aux défenseurs de l’environnement. Aux Philippines, Glorian Capitan a été tuée chez elle en juillet 2016 parce qu’elle voulait éviter l’extension d’une usine au charbon.

Avec Agences

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