Andy Nziengui Nziengui, ancien président du Conseil National de la Jeunesse du Gabon.
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C’est à la faveur de la célébration 2017 de la Journée Internationale de la Jeunesse ce 12 août que l’Ambassadeur des Nations Unies pour la Jeunesse et les ODD, et ancien président du Conseil National de la Jeunesse du Gabon (CNJG) a adressé à la jeunesse nationale et internationale ce message circonstanciel où il rappelle que tout doit se faire avec elle. Mais pour y parvenir, elle doit s’impliquer davantage. Retour sur l’intégralité de son message.

 

Chers jeunes leaders, responsables des organisations et mouvement de jeunesse du Gabon de l’Afrique et du monde.

 

Les Ministres de la jeunesse, à la Conférence Mondiale de Lisbonne du 08 au 12 août 1998 avaient, dans une résolution, recommandé  aux Nations Unies de faire du 12 août de chaque année la Journée Internationale de la Jeunesse. Cette décision a été entérinée le 17 décembre 1999, dans sa résolution A/RES/54/120 de l’Assemblée Générale des Nations unies. L’objectif étant de faire la promotion du Programme d’Action mondial de la jeunesse à l’horizon 2000 et au-delà (PAMJ), ainsi que l’évaluation des politiques et programmes jeunesse au niveau mondial, national et local.

Cette prise de conscience internationale sur l’importance de la jeunesse dans la vie des nations, résulte du fait qu’elle représente une ressource humaine non négligeable grâce à sa force physique, à sa vigueur, et à son immense intelligence. Cette frange de la population se résume tout simplement à la force constructive qui peut propulser le développement si et seulement si elle est intégrée et prise en compte dans toutes les instances de la vie d’une nation.

Chers jeunes leaders Africains,

Depuis l’adoption de la charte Africaine de la jeunesse en 2006 à Banjul (Gambie), nous avons pris l’engagement de contribuer à l’amélioration de la qualité de la vie à l’intérieur de nos nations respectives en devenant des acteurs incontournables du développement par la force de nos idées, le déploiement de notre intelligence et la constance dans le rappel de nos exigences aux différentes classes dirigeantes de nos pays. C’était  pour nous une manière de prendre notre destin en main pour devenir maitres de notre espérance car comme le souligne si bien Sacha Guitry dans son livre intitulé Béranger « la jeunesse, c’est une ivresse continuelle, c’est la fièvre de la raison, c’est la confiance dans la vie, c’est la certitude non pas que tout vous est dû, mais que tout vous est offert, c’est l’allégresse d’avoir en soi quelque chose de sacré et envers quoi, quelque usage que l’on en fasse, on ne peut être sacrilège ». Selon, les rapports que nous des différentes avancées, il ressort que de gros efforts restent à fournir dans la quasi-totalité des pays.

Je me demande à qui la faute ? Aux gouvernants ? Ce serait négliger les efforts de nos autorités dans la lutte contre la pauvreté, les maladies endémiques, les attaques terroristes, la sous éducation, la famine qui semble refaire surface dans certains pays. A la conjoncture économique ? Ce serait trouver une excuse facile aux gouvernements corrompus, insouciants, opportunistes et voraces dont les acteurs n’auraient pour unique ambition que leur clan, leur groupe d’amis au détriment des autres composantes sociales. Est-ce à nous les jeunes ? Ce serait faire injure à cette catégorie sociale pourtant majoritaire à plus de deux tiers de la population dans nos pays mais qui curieusement subit encore de diktat de l’âge, des traditions et des routines monstrueuses qui enlisent le continent depuis plusieurs décennies.

Comme vous le voyez la recherche d’un bouc-émissaire dans cette situation n’aurait aucun sens ou encore n’aurait pour effet que de nous inspirer le maintien dans l’abîme. C’est à nous jeunes de jouer plus que jamais notre rôle car l’Afrique est un don naturel qu’il convient de défendre, de préserver et de développer dans l’optique de restituer à notre continent sa position de centre du monde. L’Afrique a bien été le centre du monde et elle doit le redevenir et ce grâce à notre caractère combatif, opiniâtre, engagé et débarrassé de la paranoïa coloniale. A cet effet, je vous invite à méditer ces mots de Nkuame Nkrumah, je cite « Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l’Afrique est née en moi ».

Chers jeunes leaders

Cette année 2017, la journée internationale de jeunesse célèbre la jeunesse comme  une frange sociale dynamique, capable prévenir des conflits, de bâtir des sociétés juste et inclusives, de faire opérer des changements positifs et durables conformément à la résolution 2250 (2015) de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Cela veut dire que le monde reconnait que  la jeunesse est  aussi un véritable acteur de la transformation sociale en une forme de conscience politique dynamique apte à susciter un meilleur fonctionnement de reformes profitables à la mise en place d’institutions saines et fiables, garantissant le fonctionnement d’une démocratie participative.

La responsabilité nous incombe en tant que jeunes leaders,  de prêcher par l’exemple, d’être des modèles c’est-à-dire des personnes qui prônent la vie et véhiculent l’espérance. C’est sur nous que nos états devront désormais s’appuyer, impulser l’entreprenariat, l’innovation,  le leadership, le volontariat, l’égalité des chances et vaincre le VIHSIDA, cette tueuse qui s’est établie dans nos villes et dans nos villages. L’Afrique a besoin d’hommes sains, l’Afrique a besoin d’une jeunesse saine !

Chers jeunes leaders du Gabon,

Soyons unies dans « La Concorde et la Fraternité ». Deux mots inspirés de notre premier chant patriotique. C’est dire que les jeunes doivent vivre en accord se considérer comme des frères consanguin, c’est-à-dire les enfants d’un même Père : le Gabon. Donc les enfants d’un même père, ici, d’un même pays, sont appelés à se tenir les coudes, c’est-à-dire à être solidaires avant  de chercher à s’ouvrir sans heurts aux autres cultures et civilisations.

C’est là qu’intervient la vision du « Gabon d’Abord » tant prônée par le père de la Nation feu Président Léon Mba. A travers ces deux mots, les jeunes comprendront qu’ils sont les piliers principaux ou les moteurs même de notre unité nationale et de notre développement pour le bonheur des générations présentes et futures.

Il sera donc nécessaire que tous les jeunes se mobilisent, que ce soit à, à Oyem, à Tchibanga, à Makokou,  à Port Gentil, à Lambaréné, à Mouila, à Koula-Moutou, à France Ville ou à Libreville, pour saisir cette opportunité inédite que leur offre la journée internationale de la jeunesse pour prendre en main leur destin et pour participer activement à la vie de la nation.

Mesdames et Messieurs, chers jeunes, désormais unies dans l’action la concorde et la fraternité, nous allons, chacun en ce qui lui concerne, intervenir tout au long de cette « année spéciale jeunesse » pour le rayonnement et l’émergence des jeunes et par ricochet du Gabon notre chère patrie. A nos autorités ils doivent comprendre que  « Il ne peut y avoir plus vive révélation de l’âme d’une société que la manière dont elle traite ses enfants ». Cette citation de Nelson Mandela sonne comme un avertissement à toujours accorder une attention particulière à la jeunesse qui reste sacrée.

Vive la jeunesse et que vive la journée internationale de la jeunesse.

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