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Des ONG françaises et allemandes ont récemment demandé aux secrétaires d’État à l’environnement en France et en Allemagne de faire du tandem de leurs pays « le moteur d’une politique climatique ambitieuse pour l’Europe ».

La lettre, rédigée conjointement par l’organisation française Réseau Action Climat et son homologue allemande, Deutscher Naturschutzring, et signée par 18 ONG, dont WWF et Oxfam, sera présentée à Brune Poirson (France) et Jochen Flasbarth (Allemagne) lors d’un événement de la conférence annuelle de l’ONU sur le climat, la COP23, qui se tient actuellement à Bonn, en Allemagne. Le cadre d’action en matière de climat et d’énergie de l’UE vise à réduire les émissions de 40 % d’ici à 2030, par rapport aux niveaux des années 1990.

Néanmoins, des évaluations indépendantes jugent cela insuffisant. « Les objectifs actuels de l’UE pour 2030 ne représentent qu’une petite hausse du rythme de l’action pour le climat comparé aux vingt-cinq dernières années alors que nous avons justement besoin d’une grande accélération pour parvenir à une réelle décarbonisation d’ici à 2050 », écrit le Climate Action Tracker.

Les ONG demandent à la France et à l’Allemagne de soutenir et d’encourager la Commission européenne à proposer une première version d’une stratégie européenne pour le climat sur le long terme, au cours des 13 prochains mois et à temps pour le dialogue Talanoa lors de la COP24 en 2018.

Lors de cette prochaine COP, qui aura lieu à Varsovie en décembre 2018, les signataires de l’Accord de Paris commenceront l’examen de leurs engagements pour le climat avant que l’accord n’entre en vigueur en 2020. Les ONG critiquent aussi le manque d’ambition de l’UE sur le mécanisme d’échange de quotas d’émissions (ETS).

Le 9 novembre, l’UE a soumis une proposition pour l’avenir de l’ETS, un système de plafonnement et d’échange dans lequel les pays peuvent acheter et vendre des quotas d’émissions, que le commissaire à l’énergie et au climat, Miguel Arias Cañete a qualifié de « robuste ».

Pourtant, les défenseurs de l’environnement estiment au contraire que cette proposition est trop faible, car l’abondance de permis d’émettre fait baisser les prix, et rend le système inefficace. Ils reprochent à l’UE de céder à la pression des États membres adeptes du charbon.

Les ONG demandent donc des prix planchers régionaux pour le carbone, et espèrent que cela fera remonter le prix des émissions du carbone. L’action pour le climat, insistent les signataires de la lettre, devrait être intégrée aux autres politiques de l’UE, comme la future Politique agricole commune (PAC), la politique de transport ou le budget européen.

Ils enjoignent l’UE à vérifier tous les investissements européens par rapport aux objectifs pour le climat et appellent les institutions européennes à s’éloigner des combustibles fossiles.

Paris et Berlin sont des alliés naturels, mais alors que le président français, Emmanuel Macron s’intéresse au leadership de l’action pour le climat au niveau mondial – en organisant un sommet pour le climat en décembre à Paris – la chancelière allemande Angela Merkel est en train de négocier avec le Parti écologiste allemand pour former un nouveau gouvernement.

La semaine dernière, les médias rapportaient que les Verts étaient prêts à abandonner la sortie progressive du charbon et l’interdiction des moteurs à combustion, deux éléments clés de leur programme pour entrer au cabinet. Une décision qui a suscité la colère de leur base électorale.

« Un gouvernement allemand récemment constitué devra rejoindre – le plus tôt possible – la France et les Pays-Bas pour relever les ambitions climatiques », a déclaré Kai Niebert, président de la Deutscher Naturschutzring. « Mais la politique climatique n’est pas seulement synonyme d’objectifs. Nous devons nous assurer qu’après 2020, aucun fonds européen n’est dépensé dans le financement des énergies fossiles, mais plutôt pour soutenir les communautés et régions rurales dans une transition équitable. »

« L’UE n’est pas sur la bonne voie et un leadership plus robuste de l’Allemagne et de la France serait crucial pour améliorer l’effort climatique de l’UE », estime Rebecca Harms, eurodéputée allemande (Verts).

« Nous devons accroître notre ambition climatique pour 2030 en termes de réductions d’émissions, de hausse de la production d’énergie renouvelable et de gains d’efficacité. Par ailleurs, la proposition de réduction du CO2 issu du parc automobile doit être considérablement améliorée. Le secteur du transport doit contribuer à notre effort climatique si nous voulons maintenir le réchauffement en dessous des 2 °C », a-t-elle insisté.

Avec Agences

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