Nicaise Moulombi président de l'Ong Croissance Saine Environnement, et du Haut Conseil des Acteurs Non Etatiques du Gabon (HCANEG).@Durabletv
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Dans un communiqué récemment rendu public, cette Organisation non gouvernementale a émis des réserves sur l’engagement du Gabon dans ce nouveau programme continental sans consultation préalable des différentes parties sur le plan national. Au regard des nombreux engagements internationaux déjà ratifiés par le Gabon, l’Ong présidé par Nicaise Moulombi s’insurge. « Le Gabon ne saurait demeurer éternellement une terre d’expérimentation où s’exerce de fortes pressions et s’entrechoquent des intérêts inavoués ». Pour mieux faire comprendre cette position partagée par d’autres organisations telles qu’IDRC Africa, une conférence de presse sera animée le 14 septembre prochain. Retour sur la substance de ce communiqué.

Le Gabon dispose de politiques, stratégies, plans d’actions, des projets/programmes sectoriels et des initiatives en cours mis en œuvre par des acteurs spécialisés (primaires, secondaires voir tertiaires) à travers des organes délibérateurs ou d’aide à la prise de décision, dont la prise en compte, l’analyse cohérente des engagements nationaux et internationaux, les interactions avec les autres secteurs et les apports méritent d’y accorder une attention particulière.

Le Gabon ne saurait demeurer éternellement une terre d’expérimentation où s’exerce de fortes pressions et s’entrechoquent des intérêts inavoués. Alors même que (a) la stratégie régionale du développement du ’huile de palmier en Afrique a été récemment adoptée par les Ministres des Etats membres de la CEEAC et que celle-ci n’a pas encore connu une déclinaison au plan national, (b) et que les réserves du Gabon portées à l’attention de tous lors de la réunion de concertation de septembre 2016 tenue à la Direction Générale des Forêts et réitérées lors de la réunion de mai 2017 n’ont toujours pas eu la suite espérée, l’on s’achemine lentement mais surement à faire prendre à nouveau au Gabon d’autres engagements qu’il ne pourrait certainement pas tenir faute d’une conduite d’un processus largement inclusif.

A la lumière des nombreux engagements internationaux du Gabon et notamment ceux relatifs aux enjeux environnementaux globaux, à l’opérationnalisation de l’initiative CAFI dans le Cadre National d’Investissement (CNI) à travers les deux programmes phares du PSGE dont (1) le Plan National d’Aménagement du Territoire et (2) le Système National d’Observation des Ressources Naturelles et Forêts, dont les organes siégeant sont le Conseil Interministériel, le Conseil Climat, les Ministères de l’Economie en charge du Développement Durable et certains partenaires techniques et financiers, il importe de leur transférer pour compétence les réflexions issues de nos assises afin qu’ils en décident en toute connaissance de cause. Enfin, la lecture de la note conceptuelle du présent atelier, la conduite du processus TFA2020 et la conduite des processus par d’autres pays ont suscité quelques que nous explicitions à la page suivante.

Dès lors, plusieurs questions peuvent surgir.

Q1 : l’opportunité du présent atelier se justifie-t-elle parce qu’il faut suivre un calendrier international (résolution du 4 avril 2017 de l’UE sur l’huile de palme durable et la déforestation) et sous régional (atelier TFA2020 en octobre prochain) même s’il faut faire dans la précipitation ?

Q2 : Qu’en est-il des réserves portées par le Gabon FHVC, clarification du concept déforestation zéro, définition de la forêt) et qu’elle est l’instance supposée juger de la recevabilité/fiabilité ou satisfaction de celles-ci ?

Q3 : Pourquoi l’approche précautionneuse retenue par le Gabon lorsqu’il s’était agi de l’initiative REDD+ n’est pas privilégiée dans ce cas de figure vu que celle-ci d’abord incomprise par les autres acteurs extérieurs a été saluée par la suite car le Gabon voulait comprendre et contextualiser en fonction de ses spécificités ?

Q4 : Les assises organisées récemment par le Ministère en charge de l’agriculture ont débouché sur des conclusions importantes. Elles notamment recommandés que des analyses situationnelles sectorielles soient menées pour un développement optimal de la chaines de valeurs. En absence de ces études, comment peux-ton imaginer de proposer un plan d’action réaliste ?

Q5 : Certains critères RSPO dans leur forme actuelle méritent d’être consolidés car ils ne donnent que des lignes directrices parfois vagues pour éviter l’assèchement des zones humides. Il n’y a pas non plus pour l’instant de critères concernant les émissions de gaz à effet de serre causées par la production d’huile de palme. Le RSPO Next est proposé comme alternative, or connaissant les engagements internationaux du Gabon, n’est-ce pas là une fois de plus, la nécessité de conduire des études approfondies ?

Q6 : Pourquoi l’analyse/présentation du cadre de la Politique Agricole Commune ainsi que d’autres instruments régionaux dans le domaine agricole et le développement et la promotion de l’économie verte en Afrique centrale ainsi que le Système de l’Economie Verte (décision n°25/CEEAC/CCEG/XVI/15 du 25 mai 2015 sont-ils absents des discussions de cet atelier ?

Q7 : Le Gabon est le seul pays au monde sur le point d’atteindre une production d’huile de palme RSPO 100 % certifiée, traçable et ségrégée. Renierait-on au Gabon son indépendance à penser et à bâtir un nouveau modèle de développement durable axé sur les besoins réels des populations ?

Q8 : La précipitation avec laquelle est conduite le processus de TFA 2020 ne dénote-t-elle pas la présence de lobbys tapis dans l’ombre et ayant une mission précise de dénigrer le Gabon ?

La conférence de presse du 14 septembre prochain devrait y apporter des éléments de réponse.

Avec CSE

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