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Les experts du sommet mondial de l’eau qui se tient à Stockholm sonnent l’alerte. Quel que soit le point du globe, disposer d’une ressource en eau de qualité devient de plus en plus difficile.

Garantir à l’humanité entière un accès à une eau de qualité et en quantité suffisante d’ici à 2050, comme le proclame un des objectifs de développement durable (ODD), n’est pas gagné. Non seulement, il reste 633 millions de terriens à satisfaire, mais en plus la tendance est plutôt à une raréfaction et à une dégradation quasi généralisée de cette ressource. C’est ce qui ressort de la masse d’études et de rapports rassemblés à l’occasion de la Semaine mondiale de l’eau qui réunit plus de 3.200 experts depuis dimanche à Stockholm. Premier fautif, le réchauffement de la planète, qui s’illustre par des périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes, synonymes de pénurie d’eau, et ce jusqu’en Europe. Comme cela s’est vu cet été à Rome, où il a fallu rationner.

Le dérèglement du climat est également en train de bouleverser la répartition des pluies sur le globe. La couverture nuageuse tend à s’épaissir dans les zones proches des pôles et à s’amincir dans les régions équatoriales (Afrique subsaharienne, Amérique centrale, Moyen-Orient) qui souffrent du manque de pluies. Inversement, celles-ci surviennent de plus en plus brutalement dans certaines régions, déclenchant des inondations monstres. Au Bangladesh, 5,7 millions de personnes sont régulièrement sinistrées. De 21 millions actuellement, le nombre d’individus exposés à un tel risque de submersion pourrait passer à 54 millions en 2030.

Inquiétudes sur les réserves

L’évolution des nappes aquifères, qui contiennent 30 % des réserves d’eau disponibles de la planète, ne laisse pas non plus d’inquiéter. Car les prélèvements excèdent de plus en plus les recharges apportées par les pluies. Dans vingt ans, 60 % des eaux souterraines dont dispose l’Inde seront dans un état critique. Equation encore plus complexe, alors que « l’offre en eau » risque de baisser, la demande va exploser, suivant la courbe démographique de la planète, qui comptera 2,3 milliards d’habitants de plus en 2050.

 Autant de défis auxquels les experts réunis dans la capitale suédoise ont jusqu’à vendredi pour apporter leurs éléments de réponse. La plus immédiate ­consiste à éviter de gâcher la ressource. Aux Etats-Unis, chaque jour, près de 23 milliards de litres d’eau partent dans la nature à cause du manque d’étanchéité des réseaux, selon une récente étude de l’American Water Works Association. Mais colmater les fuites ne suffit pas. Il faut aussi agir en amont, sur la zone même de reconstitution de la ressource. Sur les bassins versants où la déforestation dérègle le régime des cours d’eau. Préserver ces zones humides devient urgent. Selon l’ONG Global Forest Watch (GFW), l’ensemble des grands bassins versants de la planète ont perdu 22 % de leur couverture végétale au cours de ces seules 14 dernières années.

 La dernière solution, qui n’est pas la plus facile, est d’aligner le prix de l’eau sur ce qu’elle coûte réellement pour être produite puis distribuée, tout en incitant à la sobriété. Les entreprises de l’eau pourraient ainsi être davantage motivées pour investir.

Avec Les Echos

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