Des habitants dans une rue inondée après le passage de l'ouragan harvey, le 27 août à Galveston (Texas) ( AFP / Brendan Smialowski )
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Houston, la plus grande ville du Texas, était dimanche noyée sous les eaux de la tempête Harvey, qui a déjà laminé la côte texane et tué au moins deux personnes.

Les services d’urgence de la capitale de l’industrie pétrolière américaine ont adressé dimanche matin un message des plus clairs: « Les personnes fuyant les inondations ne doivent pas en dernier recours rester dans le grenier. Si les étages les plus élevés de votre domicile deviennent dangereux… montez sur le toit ».

Et d’ajouter: « Appelez 911 pour obtenir de l’aide et restez en ligne jusqu’à ce que quelqu’un décroche ». « C’est grave et ça va empirer », a prévenu le gouverneur du Texas Greg Abbott, sur Fox News Sunday, soulignant que les dégâts atteindront « des milliards de dollars ». « Même s’il y a une accalmie aujourd’hui, ne pensez pas que la tempête est terminée », a renchéri le maire de Houston Sylvester Turner, encourageant ses 2,3 millions d’administrés à rester chez eux pour éviter d’être piégés dans des rues transformées en rivières au débit rapide.

Des avis d’inondations soudaines ont été émis dans la région et les services météorologiques (NWS) ont accentué leurs mises en garde sur le fait que la « menace d’inondations catastrophiques, sans précédent et potentiellement mortelles persiste aujourd’hui et la semaine prochaine ». La région Houston/Galveston a reçu plus de 60 cm de pluie lors des dernières 24 heures, selon le NWS. Son antenne de Houston a prévenu que les « inondations catastrophiques vont empirer et pourraient être historiques ».

Car ce n’est pas terminé. D’après le dernier bulletin du Centre national des ouragans (NHC) à 15H00 GMT, entre 38 et 63 cm de pluie devraient encore y tomber d’ici jeudi pouvant provoquer un cumul total allant jusqu’à 1,27 m.Dans le reste du Texas et plus à l’est en Louisiane, Harvey devrait laisser entre 13 et 38 cm cumulés.Harvey, plus puissant ouragan à frapper les Etats-Unis depuis 2005 et le Texas depuis 1961, rétrogradé depuis en tempête tropicale, ne bouge quasiment plus (4 km/h). Il a frappé le littoral vendredi soir en catégorie 4 –sur une échelle de 5– mais ses vents ne soufflaient plus qu’à 65 km/h.

 Les garde-côtes, qui ont secouru une trentaine de personnes, avaient reçu dimanche matin plus de 300 appels de détresse dans la région de Houston où ils ont mobilisé cinq hélicoptères MH-65 Dolphin. Ils ont demandé des renforts, un appel entendu par le gouverneur de Louisiane Jon Bel Edwards qui a annoncé peu après sur Twitter l’envoi de « ressources à notre voisin » face à cette « terrible tempête ». Selon le chef des pompiers de Houston Samuel Pena, ses équipes ont géré plus de 2.000 appels depuis minuit et en avaient encore un millier en attente en fin de matinée.

 L’aéroport Hobby, deuxième plus important de Houston, a fermé: ses pistes sont sous l’eau. Le plus important, George Bush International, a annulé de nombreux vols. La tempête a fait au moins deux morts et au moins une quinzaine de blessés dans cet Etat du sud des Etats-Unis, où de nombreuses routes sont totalement submergées et des zones entières encore inaccessibles. Mais selon M. Abbott, il est encore trop tôt pour donner un bilan humain.

 Le président Donald Trump, qui a signé dès vendredi une déclaration de catastrophe naturelle, a confirmé dimanche sur Twitter qu’il se rendrait au Texas « aussitôt que le déplacement pourra se faire sans provoquer de perturbation ». Il s’est félicité du « talent » et de l’efficacité des secours. Harvey a ravivé aux Etats-Unis le traumatisme de Katrina, qui a provoqué en 2005 une catastrophe humanitaire avec plus de 1.800 morts et la destruction de quartiers entiers de La Nouvelle-Orléans. La réaction du président de l’époque, George W. Bush, avait été particulièrement critiquée.

 Par ailleurs, le passage de l’ouragan pourrait affecter les cours du pétrole. La côte texane accueille près d’un tiers des capacités de raffinerie de pétrole des Etats-Unis et le Golfe du Mexique 20% de la production américaine. Au moins 112 plateformes ont été évacuées, représentant environ un quart de la production quotidienne de brut et de gaz, et de nombreuses installations à terre fermées.

Avec AFP

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