Boursier Tchibinda, initiateur du film documentaire.
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Ce mouvement  associatif à but non-lucratif a présenté récemment  à la presse son film documentaire intitulé « Regards citoyens », extrait du projet  « Les Connexions citoyennes » revêt un double objectif : celui de briser les barrières du confort social  et celui de donner la parole à des citoyens oubliés dans le Gabon profond. Ce film documentaire a rappelé la nécessité pour de mettre un accent particulier au développement local.  

Ce document audiovisuel aux allures de micro-trottoir diffusé le 27 septembre dernier avait pour objectif premier de rencontrer d’autres citoyens à travers  les neuf provinces du Gabon. Sans complaisance, le film révèle une grogne des populations qui se sentent délaissées, livrées à elles-mêmes. En effet, il remet encore une fois au goût du jour les disparités importantes existantes entre les populations que compose le Gabon : lorsque l’on s’éloigne des capitales provinciales du pays, on s’éloigne de tout ; manque d’infrastructures (routières, sanitaires…), difficulté d’accès aux NTIC, etc. Au premier abord ce sont des citoyens en colères que montre le document.

Bien que le documentaire semble avoir des similitudes avec beaucoup d’autres déjà réalisés, le Réveil se défend de ne pas faire comme ses prédécesseurs. C’est pour cette raison qu’il a qualifié son travail de reportage « inédit ». Le Réveil n’entend pas apporter des solutions à ces gabonais privés de plateformes d’expression libre. « Nous sommes un mouvement qui prône la démocratie participative (force de proposition). C’est pour amener ces citoyens gabonais à s’impliquer dans la recherche des solutions à leurs problèmes et les poser eux-mêmes auprès des autorités, car ces derniers ne se retrouvent pas dans les politiques publiques », s’est défendu Ferdinand Demba, Vice-président du Réveil.

« Aidez-nous !» est donc le cri lancé par ces citoyens enclavés et ces phrases mise en exergue décrivent ce qu’ils pensent. « Les pouvoirs publics doivent mettre l’accent sur le développement social de les jeunes de demain». Makokou, 2016. « Le citoyen se définit d’abord par son indépendance à prendre les décisions qui concourent à son bien-être et à son épanouissement global. Depuis le général De Gaulle, je n’arrive pas à élire mon président. » Théodore, Bifoun (Moyen-Ogooué), 2016. « Je veux montrer la voie aux politiques comment améliorer les conditions de vie des populations.» NZENG NYARE Zéphirin (alias ODJOUKOU), Minvoul (Woleu-Ntem), 2016.

Capture écran d'une séquence du film documentaire.
Capture écran d’une séquence du film documentaire.

Ou encore, « Au Gabon, les valeurs familiales sont perdues. » NOUR Scolastique, Village Mina (Haut-Ogooué), 2016. « Les jeunes qui ne respectent pas les anciens, ont souvent la malchance car ils sont pointés du doigt par tous. » Elangouma, Village Bakwaka (Ogooué-Ivindo), 2016. « Même si l’Etat nous abandonne, nous n’abandonnerons pas nos responsabilités. Personne n’est contre l’Etat, mais c’est à cause de ce que l’Etat fait que le monde est contre l’Etat. » BIYOGHE MINKO Stanislas, chef du village AKOUGBE (Estuaire), 2016.

A l’origine de l’idée, Boursier Tchibinda a expliqué le pourquoi ce documentaire : « La co-construction est à l’origine de ce documentaire qui a une logique communautaire. Il était question d’aller vers des citoyens qui ont des projets. Le message est que les communautés doivent se prendre en charge. Nous avons constaté que  ces citoyens pensent que  l’Etat a échoué et qu’il faut se prendre en charge. Cette démarche vise également à une collecte de données qui permettront de donner une nouvelle carte du Gabon (Géolocalisation du pays) ». Développer un pays, ce n’est pas faire abstraction de ce qui se passe ailleurs.

DTV SEPTEMBRE 2017

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