Aires protégées/Seychelles: Le pays élargit son réseau d’aires marins de 30%

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Le gouvernement seychellois a annoncé récemment un succès historique : l’expansion de sa zone de protection marine à 30% du territoire océanique soit 410 000 kilomètres carrés (une zone plus grande que l’Allemagne). Cette initiative signifie qu’une grande partie du patrimoine naturel seychellois est désormais préservé pour encourager le développement durable et l’adaptation aux effets du changement climatique.

 

Les Seychelles, une nation insulaire de l’océan Indien, considéré comme un haut lieu mondial de la biodiversité, l’archipel est constitué d’îles montagneuses au centre (« îles intérieures ») et d’îles coralliennes plus basses aux extrémités (« îles extérieures »). Les sites marins des îles extérieures font partie de cette expansion de 30%.

Sur terre comme en mer, l’activité humaine impacte l’océan de manière alarmante. Avec la surpêche, la pollution et les impacts du changement climatique, notre océan change – physiquement, chimiquement, et biologiquement. Les coûts en capital humain, économique et naturel sont de plus en plus évidents. Heureusement, les opportunités qui découlent d’un développement qui respecte la santé des océans apparaissent elles aussi de plus en plus importantes : création d’emplois, génération de revenus et croissance inclusive. À l’inverse, le risque de l’inaction est considérable, tant pour l’océan que pour notre propre bien-être.

Un bébé tortue tentant de regagner l’océan après sa naissance sur l’île.

Une économie « bleue » implique un certain alignement entre développement économique et santé de l’océan. Dans la plupart des pays, cela se traduit généralement par une priorité donnée à la croissance plutôt qu’à la durabilité, mais les Seychelles ont trouvé un certain équilibre. L’archipel a le produit intérieur brut (PIB) par habitant le plus élevé d’Afrique (15 410 $ en 2016). Depuis le début des années 90, l’économie est passée d’agraire à largement tributaire du tourisme haut de gamme et de la pêche industrielle.

Dans les îles extérieures, le tourisme a produit des avantages financiers, mais il s’est aussi accompagné d’impacts environnementaux tels l’érosion et la sédimentation, ainsi que la transformation de l’habitat des poissons et une pêche accrue. Légale ou non, cette pêche a eu un impact sur un certain nombre d’espèces dans la région en particulier pour les requins, les tortues et les concombres de mer.

Ces menaces aux écosystèmes et à la biodiversité sont exacerbées par les effets néfastes du changement climatique et de la pollution marine. À cela s’ajoute la pandémie de COVID-19 qui présente un défi majeur pour le secteur du tourisme.

À travers sa politique d’aires protégées, le gouvernement avait déjà fixé des objectifs ambitieux pour sauvegarder au moins 50% du territoire terrestre et 30% de son environnement marin. Mais l’élargissement aux îles extérieures, qui constituent plus de 80% de la zone économique exclusive (ZEE) du pays et représentent plus de la moitié du nombre total d’îles de l’archipel, permet d’englober une grande partie de la riche biodiversité seychellois. Cela passe notamment par la création de quatre nouvelles zones protégées et l’amélioration des capacités de gestion.

Par exemple, un nouveau flux de revenus du tourisme dans les îles extérieures serait utile pour la conservation, mais a aussi le potentiel d’augmenter les pressions sur l’environnement. Une gestion prévoyante et une planification minutieuse seront donc de rigueur.

Pour Michelle Murray, présidente de l’Island Conservation Society, il va sans dire que la sauvegarde de l’océan pour les générations futures est une urgence globale tout comme une responsabilité partagée : « personne ne peut contester la nécessité de protéger notre océan. Cependant, notre capacité à mettre en pratique la véritable essence de la durabilité et de la conservation est constamment mise à l’épreuve. Trouver l’équilibre impliquerait de prendre des mesures qui peuvent être impopulaires aujourd’hui mais sauver des vies demain. »
Avec undp.org

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