Conflit Homme/Faune: le Botswana va tuer 400 éléphants par an pour harmoniser la cohabitation

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Selon Kisto Mokaila, le ministre de l’Environnement du Botswana, la hausse du nombre d’éléphants pose des problèmes de cohabitation. Ils détruisent des champs agricoles en bordure des parcs nationaux. De plus, 200 Botswanais ont été tués par les pachydermes en cinq ans.

Le gouvernement avait envisagé d’autres approches que la chasse, comme l’installation de barrières électriques. Mais la solution s’avère trop coûteuse. Le Botswana, considéré jusqu’ici comme le sanctuaire des éléphants d’Afrique (où 135 000 têtes ont été recensées en 2015, soit un tiers de la population africaine connue), pourrait désormais devenir le lieu de tous les dangers pour les pachydermes. C’est en effet ce mois-ci, qu’entre en vigueur dans ce pays d’Afrique australe, la délivrance des permis de chasse commerciale aux éléphants. Et, décidément, les mises en garde et les dénonciations des organisations de protection des animaux n’ont pas fait reculer les pouvoirs publics botswanais.

Dans un discours prononcé le 18 novembre 2019 au parlement, Mokgweetsi Masisi, le président du Botswana a déclaré qu’en préparation à (la reprise de) la chasse commerciale des éléphants, des quotas allaient être publiés en décembre 2019 afin de permettre la préparation de la saison de chasse 2020. Il s’agit de la matérialisation d’une décision prise en mai 2019. Le chef de l’État était soudainement revenu sur la décision prise en 2014 par son prédécesseur Ian Khama d’interdire la chasse aux éléphants sauvages. « Nous espérons que le rétablissement de la chasse contribue de façon significative à la réduction des conflits entre humains et animaux en créant des populations viables et équilibrées ». Les autorités précisent aujourd’hui que 400 éléphants pourront être tués chaque année.

La décision de réautoriser la chasse aux éléphants a provoqué un tollé auprès des ONG de protection de la nature. Elles, qui ont obtenu en septembre 2019 l’interdiction totale du commerce de l’ivoire pour protéger les éléphants du braconnage, redoutent que la mesure du gouvernement botswanais cache une forme de contournement de l’embargo sur l’ivoire.

Selon l’ONG américaine Éléphants sans frontières, les cas de braconnages d’éléphants augmentent au Botswana de façon inquiétante. En 2018 +593 % de carcasses de pachydermes ont été recensés par rapport à 2014.

Avec Agences

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