Covid-19 : La faim menace plus de 47 en Afrique du Nord et au Moyen-Orient

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Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le nombre de personnes menacées d’insécurité alimentaire pourrait atteindre 47 millions en raison de la pandémie de Covid-19 et ses répercussions socio-économiques dévastatrices pourraient conduire 6,7 millions de personnes supplémentaires à avoir du mal à se nourrir, a averti mardi le Programme alimentaire mondial (PAM).

Selon le Rapport mondial sur les crises alimentaires, le Moyen-Orient accueille 20% du nombre total de personnes souffrant d’insécurité alimentaire aiguë ou pire. En Syrie, le prix du le panier alimentaire a bondi de105% par rapport à avril 2019. Pour l’agence onusienne, la pandémie aurait naturellement des répercussions sur les prix des denrées alimentaires.
« Avec peu ou pas d’économies, aucune assurance chômage et des subventions alimentaires réduites, les personnes qui se livrent à un travail de subsistance ou informel pour subvenir aux besoins de leur famille ne peuvent pas supporter un confinement durable », a déclaré Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM lors d’une conférence de presse à Genève.

Au Soudan par exemple, le PAM a enregistré une forte augmentation du prix du sorgho. Le prix de ce principal aliment de base du pays a bondi de 14% en mars par rapport à février. Au Yémen, le panier alimentaire à Sanaa a enregistré l’augmentation mensuelle la plus élevée, soit 19% par rapport au mois précédent.

En Syrie, le panier alimentaire standard – une estimation des produits alimentaires de base dont une famille aurait besoin en un mois – a augmenté régulièrement de mois en mois. Il était 12% plus élevé en avril par rapport à mars et 105% plus élevé qu’en avril 2019. Selon l’agence onusienne, c’est le prix le plus élevé enregistré depuis le début du conflit. Les personnes qui se livrent à un travail de subsistance ou informel pour subvenir aux besoins de leur famille ne peuvent pas supporter un confinement durable – Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM

De façon générale, après des années de conflit, d’instabilité politique et de troubles économiques, de nombreux pays de la région « sont mal équipés pour faire face à la pandémie et à ses conséquences ». La plupart des pays sont des pays importateurs de produits alimentaires qui dépensent environ 110 milliards de dollars en importations alimentaires. « Cela les rend vulnérables aux restrictions commerciales et à la fermeture des frontières », a ajouté Mme Byrs.

De nombreuses personnes dépendent donc de l’aide alimentaire du PAM en pour survivre. Sur les 23 millions de personnes qui reçoivent une aide, plus des deux tiers se trouvent au Yémen et en Syrie. Dans ces conditions, le PAM estime qu’il est essentiel de maintenir son aide alimentaire à plus de 23 millions de personnes dans la région, « alors que la pandémie menace de faire sombrer encore plus de gens dans la faim ».

L’urgence est de continuer à venir en aide aux 12 millions de personnes au Yémen, pays frappé par la faim, et plus de 4 millions de personnes en Syrie. Plus largement, l’agence onusienne a donc mis en place des mécanismes alternatifs, dans neuf de ces onze pays (Egypte, Tunisie, Iran, Libye, Soudan, Syrie, et Yémen et Liban). Ces mécanismes comprennent la fourniture de rations à emporter au lieu des repas, la livraison de nourriture à domicile et la fourniture d’argent ou de bons alimentaires.
Avec onu.org

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