Des salariés tiennent tête à la direction d’Amazon

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Un collectif d’employés du géant américain de la vente en ligne dénonce les conséquences sur l’environnement et le climat des activités de leur entreprise, au risque de se faire licencier.

 

«Comment le monde se souviendra de Jeff Bezos dans cette ère de l’urgence climatique ?, s’interrogent des salariés de l’entreprise du milliardaire américain, Amazon. Utilisera-t-il son immense pouvoir économique pour aider, ou non ?»
Ce message a été posté par le collectif Employés d’Amazon pour la justice climatique, créé au printemps 2019. Leur but est affiché : forcer leur entreprise à réduire l’impact de ses activités sur l’environnement et le climat. En décembre 2018, plusieurs dizaines de salariés avaient déjà déposé une résolution auprès des actionnaires pour demander plus de transparence sur les efforts menés par le géant de la vente en ligne pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles.

Le collectif dénonce, entre autres, la vente de programmes de clouds informatiques AWS qui «aident des entreprises à accélérer l’extraction de gaz et de pétrole». Ils appellent Amazon à «arrêter de financer des politiques, think-tanks et lobbyistes climatosceptiques» et à s’engager à atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.

Lors de la grève mondiale pour le climat du 20 septembre, un millier de salariés avaient annoncé débrayer afin de participer à la marche organisée à New York. Les efforts des rebelles ont réussi à faire bouger la direction d’un pas en avant aux airs de saut en arrière. Début septembre, quelques jours seulement après l’annonce de la grève, Jeff Bezos a lancé une «Promesse sur le climat» par laquelle il appelle d’autres entreprises à le rejoindre pour construire des stratégies de décarbonation de leurs activités. Cette nouvelle annonce a été vite critiquée comme étant très fragile en termes de standards de transparence.
Dans un nouvel effort pour calmer les esprits, le 11 octobre, Amazon a publié une sorte de manifeste sur son site web exposant les positions de l’entreprise sur de nombreux fronts sur lesquels elle est critiquée, dont la lutte contre le dérèglement climatique.

Menaces de licenciement

Seulement, en parallèle, plusieurs représentants du groupe «Employés d’Amazon pour la justice climatique» ont été entendus par les ressources humaines, avant de recevoir ces dernières semaines des mails les menaçant de licenciements. On leur reproche d’avoir répondu à des journalistes du Washington Post (dont Jeff Bezos est le propriétaire) sans l’accord de leurs supérieurs. La réaction des concernés a été retentissante.

(«Jeff Bezos et la direction d’Amazon menacent de licencier quelques membres de notre collectif après que nous avons parlé de nos demandes pour que notre entreprise devienne un leader dans le monde dans les efforts pour éviter une catastrophe climatique.»)
Début septembre, le géant américain a discrètement renforcé la politique de communication pour ses employés. «Les directives d’Amazon ne stopperont pas l’élan créé par les travailleurs de la tech depuis un an dans l’entreprise», assure Justin Campbell, un data ingénieur chez Amazon, dans un communiqué du collectif. Sa collègue, Rebecca Sheppard, Senior product manager, ajoute : «Je suis fière de tout ce qu’ont accompli les salariés en un an. Il est choquant et décevant qu’Amazon cible des individus. Faire preuve de leadership devrait être salué et non puni.»

Avec Libération

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