Diversité biologique: Le Gabon bientôt fixé sur son capital naturel grâce à WWF Gabon et l’UICN

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WWF Gabon, WWF France et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ont organisé ce 09 octobre 2019 à Libreville un atelier  sous le thème « Des comptes de capital naturel au service d’orientation économiques nationales durables ». Cet atelier a regroupé plusieurs administrateurs  du secteur public, notamment  de l’économie, de l’agriculture, de l’environnement, des mines, des hydrocarbures. Il  avait pour objectif de renforcer leurs capacités sur comment mesurer le capital naturel et son évolution dans le temps, afin de leur permettre d’être plus efficace dans la prise des décisions nécessaires en la matière.

 

L’atelier de Libreville se justifie dans le contexte du plan stratégique mondial pour la biodiversité biologique 2011-2010, qui prévoit que « d’ici à 2020 au plus tard, les valeurs de la biodiversité biologique ont été (…) incorporées dans les comptes nationaux, selon que de besoin » lié à l’objectif d’Aichi n°2.  Un objectif qui repose sur le principe qu’une gestion durable et équitable des ressources nécessite un suivi comptable au même titre notamment que les ressources financières.

La directrice de WWF Gabon Marthe Mapangou et Philippe Puydarrieux expert en économie, représentant de l’UICN.

Le capital naturel est un ensemble de biens et de services qui sont essentiels à la société humaine; les productions de la forêt, les produits issus de l’agriculture, etc. tous ces services sont connus et visibles avec une traduction monétaire suite à leurs échanges sur le marché. Outre, la forêt, c’est aussi la fixation de carbone, la purification de l’eau. Ce sont là des services non perceptibles, mais essentiels pour les sociétés humaines. Il est donc nécessaire de préserver ce capital à l’origine de ces biens et services.

L’atelier avait donc pour but de permettre aux différents participants de l’administration publique de comprendre comment mesurer le capital naturel et son évolution dans le temps, afin de ne pas prendre de mauvaises décisions quant à son usage.  Mais surtout comment l’intégrer dans les comptes de l’Etat.


Une vue de l’ensemble des participants au cours des travaux de l’atelier.

“L’atelier que nous avons aujourd’hui, vise à discuter avec les représentants du gouvernement, avec les secteurs économiques de méthodes pour être en mesure de comptabiliser ce capital naturel, pour mieux le prendre en compte. Et en assurer une gestion durable de manière à ce qu’il puisse continuer de délivrer des services de bonne qualité, et des services vitaux pour la population. Les méthodes sont, soit basée sur le flux des services, soit basée sur la mesure du stock de capital naturel. Et donc, l’idée va être d’essayer d’ajuster le choix des méthodes. Trouver celles qui vont être les plus appropriées dans le cadre du Gabon pour répondre aux différentes questions qui sont posées aux décideurs politiques.” a expliqué Philippe Puydarrieux, expert en économie de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Dans le cas du Gabon, il est question de mettre en œuvre une méthode qui se veut facile, rapide, pragmatique, flexible, car la difficulté à laquelle se heurtent très souvent les experts  concernant l’évaluation du capital naturel, c’est celle du manque de données. Il s’agit donc, de réfléchir sur  une méthode  qui  prenne en compte les populations rurales, c’est-à-dire les communautés locales.

La directrice de WWF Gabon, Marthe Mapangou  a expliqué que le Gabon a fait des choix de conservation,  il s’est donné 15% de son territoire en zone protégée. Et l’impact majeur connu tous aujourd’hui, c’est l’invasion des éléphants. La question est que faut-il faire ? “Nous, les supporters de la conservation, on dit oui il faut continuer à préserver la forêt, il faut continuer à protéger les éléphants, mais en face, il y a les populations qui souffrent et au milieu un Etat veut bien prendre des initiatives mais ne sait pas comment. Est-ce que la meilleure option ce n’est pas de revoir le cadre fiscal de façon à trouver dans les flux fiscaux les niches qui doivent permettre de dégager des moyens pour à la fois soutenir les populations qui souffrent des attaques des destructions de leurs plantations, tout en finançant la conservation. Qu’est-ce que l’on fait ? Toutes questions qui sont sur la table nécessitent que nous ayons les outils techniques qui permettent à l’Etat de pouvoir réagir. Et ce sont ces moyens que nous comptons construire à travers l’initiative que nous lançons.”

D’hier à aujourd’hui, ce qu’il faut retenir au niveau statistique, c’est qu’il n’y a pas de véritables chiffres concernant le capital naturel. Alors la question est de savoir pourquoi? ” Les tentatives ont été faites au Gabon. Mais vous conviendrez avec moi que si dans les grands pays on n’a pas pu mettre en place des systèmes, cela va être difficile pour nous  de les mettre en place (…) il est donc important que nous puissions évaluer quelle est notre contribution au niveau international, et quelle est la contribution de l’exploitation de ce capital à l’économie nationale. Pour l’instant on n’a pas de véritables chiffres.” a répondu le directeur général de la statistique, Francis Thierry Tiwinot.

GM/DTV 2019

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