Economie circulaire : l’industrie du plastique sommée de se recycler

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(FILES) This file photo taken on August 21, 2018 shows plastic wastes sorted at a Kerval sorting center in Ploufragan, western France. A new law which encourages repair and recycling will be discussed during the weekly cabinet meeting at the Elysee Presidential palace on July 10, 2019. / AFP / LOIC VENANCE

« Nous déclarons la guerre au plastique. » telle est la sortie de Brune Poirson, la secrétaire d’Etat à la transition écologique, dans Le Journal du dimanche le 7 juillet ne passe toujours pas chez les patrons du secteur. « C’est traumatisant pour toute une profession », confie l’un d’eux. « Arrêter les plastiques à usage unique, oui. S’en passer complètement, en revanche, poserait de nombreuses questions », souligne Benoît Hennaut, le président de la Fédération de la plasturgie.

Benoît Hennaut, le président de la Fédération de la plasturgie ne tarit pas d’éloges sur un matériau « léger, durable, abordable et qui demande peu d’énergie pour le transformer, ce qui limite en fait ses émissions de CO2. Il participe notamment à l’allégement des voitures ou des avions, ce qui, là encore, a un impact sur le CO2. »

Depuis plusieurs années, ce secteur, qui compte 5 000 entreprises sur l’ensemble du territoire et 230 000 salariés, est sous le feu des critiques. « On ne va pas défendre l’indéfendable. On a assisté à des aberrations, comme le suremballage de certains fruits et légumes. La suppression des sacs à usage unique était une bonne décision, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il existe des sacs réutilisables, produits à partir de plastiques recyclés, dont l’analyse du cycle de vie est bien plus intéressante qu’un sac en coton », assure Rémy Belval, chargé des affaires publiques de la société TT Plast, une PME productrice de sacs plastiques recyclés.

L’arrêt de la vente de produits à usage unique (Coton-Tige, couverts, etc.), prévu d’ici à 2021, est en passe d’être digéré par l’industrie. « Environ 2 000 emplois sont potentiellement en danger du fait de cette décision, mais les fabricants français de pailles et autres couverts sont en train de se réadapter et de faire évoluer leur offre, dit-on à Bercy. Pour l’instant, il n’y a pas encore de défaillances du fait de cette décision. »

Ces nouvelles contraintes seraient même l’occasion pour la France de se doter d’une filière de plastique d’origine végétale, selon Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’Etat à l’économie. Encore faut-il que les industriels prennent le pli assez rapidement. Casino, qui a lancé le 20 juin une marque propre écoresponsable de produits non alimentaires, a choisi, pour sa vaisselle jetable, la bagasse, cette pulpe de canne à sucre obtenue après l’extraction du jus. Mais, faute de producteur à bas coût en Europe, le groupe importe ses produits de Chine.

Avec Le Monde.fr

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