Espèces en danger : Trafic du bois de Rose en RDC

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Au nombre des plantes menacées, l’une d’entre elles est le bois de rose, très prisé en Chine, où son prix est très élevé. Les forêts d’Afrique de l’Ouest et en particulier du Ghana sont l’objet d’un véritable pillage. Cependant, la République démocratique du Congo (RDC) est aussi concernée par ce phénomène, selon un rapport publié par l’ONG américaine Environmental Information Agency.

C’est depuis le mois d’avril dernier et, en théorie, jusqu’au mois d’octobre prochain, les exportations de mukala, une variante de bois de rose traditionnel, venant des plateaux du Katanga, en RDC, sont autorisées. Elles ont pour destination la Chine en passant par la Zambie puis le port sud-africain de Durban.

Apparemment, cette voie a été réouverte après des négociations entre Kinshasa et Lusaka, rapportent les spécialistes de l’ONG américaine. Aux termes de cet accord, la RDC s’engage à exporter un maximum de 3 400 containers de mukula avec un contrôle sévère des quantités concernées et à rémunérer la Zambie. Mais selon les informations obtenues par les enquêteurs de l’Environmental Information Agency, les « intouchables », un groupe d’officiers de l’armée congolaise, ont entrepris, comme ils l’avaient déjà fait en 2017, d’exporter des grumes de mukula à leur propre compte.

Les « intouchables » ont obtenu des autorisations spéciales qui dépassent largement le cadre légal fixé antérieurement, reprenant des mécanismes déjà utilisés en 2017, avant que la Zambie ne ferme ses frontières. A l’époque, alors que les autorités congolaises avaient autorisé la production d’un millier de mètres cubes de bois de rose, les « intouchables » avaient pu en sortir cinq à dix fois plus, avec des conséquences néfastes pour l’écosystème.

Ce trafic qui s’étend à l’île de Madagascar où le commerce de cette essence est plutôt lucratif des arrestations ont commencé à avoir lieu. La remière personne à avoir été arrêtée le 12 février dernier puis incarcérée, Eddy Maminirina fait figure d’exemple. Ce dernier est accusé de « transport, exploitation, commercialisation et détention illégale de bois de rose », pour des faits datant de 2014, selon le procureur Berthin Mahonjo.

De plus le même jour, sans que les affaires aient de lien direct, la secrétaire particulière de l’ancien ministre de l’Environnement de 2014 à 2015, Anthelme Ramparany, a été placée en détention. Avec son ancien patron, resté libre, ils sont accusés de « complicité de transport et d’exportation » de bois de rose en 2014 et 2015, toujours selon le procureur. Le commanditaire, présenté comme étant un certain M’Ze Zakaria, est recherché depuis fin 2017 et est aujourd’hui en fuite.

GM/DTV 2019

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