Faune: le braconnage du pangolin a atteint un record en 2019 avec 128 tonnes interceptées

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L’année dernière, non seulement un plus grand nombre d’écailles de pangolins ont été saisies dans le monde qu’au cours de toute autre année pour laquelle des données sont disponibles, mais on a également enregistré les plus grandes saisies individuelles d’écailles de pangolins. En une seule semaine en avril 2019, Singapour a intercepté une cargaison de 14,2 tonnes et une cargaison de 14 tonnes, soit plus de 70 000 pangolins.

 

Les ventes de ses écailles pour satisfaire les besoins de la médecine traditionnelle chinoise et sa viande considérée comme un mets raffiné ont fait du pangolin le mammifère non-humain le plus trafiqué au monde. La survie de cette singulière créature était si menacée qu’en 2016, le commerce international des pangolins a été interdit.

Mais malgré ces mesures de protections, un nouveau rapport – auquel National Geographic a pu avoir accès en exclusivité – constate que les saisies d’écailles et de viande de pangolin par les autorités ont atteint un niveau record en 2019. À l’échelle mondiale, plus de 128 tonnes ont été interceptées, soit une augmentation de plus de 200 % par rapport à 2014.

Le rapport, publié jeudi par le Center for Advanced Defence Studies (C4ADS), une organisation à but non lucratif qui analyse les problèmes de sécurité transnationale, fournit de nouvelles données et de nouveaux détails qui montrent que le commerce des pangolins africains vers l’Asie pour satisfaire les besoins de la médecine traditionnelle chinoise continue de croître.

Souvent décrits comme des « fourmiliers à écailles », les pangolins sont les seuls mammifères au monde à posséder de vraies écailles, une sorte de cuirassé en kératine. Bien que ces écailles puissent protéger les pangolins de bien des dangers – même de la morsure d’un lion – elles ne sont d’aucune utilité contre les Hommes, la plus grande menace pour cet animal. Plus d’un million de pangolins ont été braconnés entre 2000 et 2014, selon Traffic, l’organisme de surveillance du commerce des espèces sauvages.

Les experts en pangolins savent depuis longtemps que le commerce des quatre espèces de pangolins asiatiques est en déclin car ils deviennent de plus en plus difficiles à trouver à l’état sauvage. Au lieu de cela, les trafiquants se sont tournés vers les quatre espèces africaines de pangolins pour répondre à la demande, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale sont de fait devenues des plaques tournantes majeures. Le rapport de la C4ADS s’appuie sur sa propre base de données de saisies et sur les données de l’Organisation mondiale des douanes et d’un programme conjoint du US Fish and Wildlife Service-Zoological Society of London pour quantifier dans quelle mesure cette région est liée au commerce illégal. Le rapport met en évidence des points spécifiques de la chaîne d’approvisionnement sur lesquels les forces de l’ordre pourraient mieux concentrer leurs efforts.

« En cooptant les chaînes d’approvisionnement de viande de brousse existantes en Afrique et en mêlant leur activité illégale au marché existant de la médecine traditionnelle chinoise, les principaux trafiquants ont augmenté l’offre entre l’Afrique et l’Asie à des niveaux alarmants », regrette Faith Hornor, directrice du programme C4ADS et co-auteure du rapport.

 

Avec National Geographic

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