Fondation Horizons Nouveaux : une subvention qui rend davantage malade

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Une vue des pensionnaires avec une enseignante.

Bénéficiaire d’une subvention de départ de 600 millions de fcfa de l’État Gabonais jusqu’en 2015, ce centre Nero-psychothérapeutique qui accueille les enfants déficients de tout type, reçoit désormais 25 millions de FCFA de subvention. Un appui financier non négligeable mais ne permettant plus à la structure de remplir ses missions.

Deux types de fonds ont accompagné le fonctionnement de cette fondation à ses débuts. Soit grâce à la générosité soit de sa fondatrice, feue Edith Lucie Bongo Ondimba, soit par la subvention qui lui était accordée par l’État ce jusqu’en 2015. Et qui était de 600 millions de francs CFA par an selon la vice-présidente de la fondation, Alice Lamou. Un montant qui selon elle qui correspondait à la couverture des différentes charges de sa structure. Les 600 millions couvraient les dépenses, notamment les vacations des enseignants, et les salaires du personnel et le fonctionnement de la fondation ; le matériel, les fournisseurs. « Nous avons un sémi-pension. Les enfants sont en sémi-pension, donc il y a un réfectoire. En fait, les 600 millions sont un fourre-tout», précise la vice-présidente, Alice Lamou.

La fondation a vu sa subvention diminué en 2016, compte tenu de la crise financière qui secoue le monde ne général et le Gabon en particulier. En 2016 elle a donc reçu 40 millions contre 233 millions prévues lors de la réduction du budget. Compte tenu de cette réduction jusqu’à 40 millions, elle s’en est servi de ce budget pour payer le personnel. « Le budget de 2015 nous a aidé à payer les salaires de janvier, février et mars. Donc, on a payé le mois d’avril avec les 40 millions. En 2017, zéro francs. En 2019, la subvention a encore été revue à la baisse ; elle était de 100 millions. Et sur les 100 millions, nous n’avons reçu que 25 millions. 25 millions pour régler toutes les charges (ne sont pas suffisants, Ndr)», souligne, Alice Lamou.

Ce que l’on peut retenir de la situation du centre Nero-psychothérapeutique (Horizons nouveaux), c’est que l’établissement se meurt à petit feu. Car sa dette se chiffre à 61 millions à l’endroit de ses partenaires tels que Tancaisse, qui était le transporteur des élèves de l’établissement, Brossette nettoyage et bien d’autres. « Le personnel de cette structure a 35 mois sans salaire. Avec quoi il va payer le transport ? Il ne peut pas manger, pas de salaire. 35 mois vous imaginez ce que c’est ? Donc la fondation, elle fonctionne de manière épisodique. Les élèves sont dans leurs familles, ils sont avec leurs parents on y peut rien (…) Avant que cette décision ne soit prise, nous avions fait des réunions. On leur a demandé s’ils pouvaient. Ils ont répondu qu’ils avaient des problèmes pour arrondir les mois comment payer le transport», affirme Alice Lamou administratrice de la fondation.

Elle a par ailleurs tenu une assemblée générale récemment avec pour seul objectif de changer les statuts. La fondation Horizons nouveaux a été créée sous la loi de 1962. La volonté de l’administration est d’amener le fonctionnement de la structure sur la loi sur les fondations ; avec un conseil d’administration, avec direction générale ou même des directions. Un mécanisme qui facilitera un rapprochement des organismes internationaux et même de d’autres fondations. La loi 62, pose problème à ce qui semble. Or, la loi sur les fondations l’aiderait mieux.

Yacine Bongo Ondimba a organisé une kermesse avec toutes les grandes structures créées par l’épouse d’Omar Bongo, qui s’inscrit dans le cadre des dix jours commémoratifs car le 16 mars a marqué les 10 ans de disparition d’Edith Lucie Bongo Ondimba. Une kermesse, parce que c’est un moment où les enfants partagent des moments de jeu et même des émotions. «Ils font abstraction généralement de ce que nous appelons différence. Et d’ailleurs, les adultes finissent par oublier ces différences. Je pense que c’est un bon moyen de faire en sorte que les enfants qui vivent avec un handicap et les enfants dits normaux puissent partager un moment ensemble», a-t-elle déclaré.

«En en réalité, il n’y a pas de raison que les choses se fassent avec discrimination », a-t-elle ajouté. On note que la kermesse a tenu compte des disparités entre les enfants. Manière agréable de rendre hommage Édith Lucie Bongo qui avait fait des personnes handicapées non-prises en charge, son combat. D’où la création d’Horizons nouveaux, «malheureusement fermé» depuis quelques années. Le 16 mars, il s’est transformé en un “merveilleux village d’Édith Lucie”. Dix ans après sa disparition, Yacine Bongo dit garder de sa mère, l’image d’une « femme courageuse, qui n’abandonnait jamais». «C’est quelqu’un qui se décourageait très difficilement et qui prenait le temps de bien faire les choses. Je garde d’elle la compassion, la force de travailler. Je pense qu’on a beaucoup à faire avec ces valeurs qu’elle a su véhiculer», s’est-elle consolée.

GM/DTV2019

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