Malaisie: La production d’huile de palme impacté par le Covid-19

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L’arrivée  du coronavirus en Malaisie est venue renforcer des mois déjà difficiles  de ce grand producteur  d’huile de palme. Le pays, deuxième producteur mondial, sait que cette matière première est cruciale pour son économie mais aussi pour sa politique, la production d’huile de palme étant un véritable enjeu électoral.

 

Les producteurs ont donc été autorisés à continuer leur travail, jusqu’à ce que le coronavirus arrive dans certaines plantations de Bornéo. L’huile de palme, c’est la ressource reine de la Malaisie, celle qu’elle défend bec et ongle sur la scène internationale, après notamment les mesures prises par l’Union européenne pour l’enlever de la liste des biocarburants à énergie renouvelables. C’est aussi une des matières premières au rendement le plus rentable, qui a permis à bon nombre de Malaisiens de s’extraire de la pauvreté.

C’est donc sans trop de surprise que l’huile de palme n’a pas fait partie de la liste des secteurs d’activité devant se mettre à l’arrêt lorsque le confinement est entré en vigueur le 18 Mars dernier. Seul impératif : une réduction du personnel à 50%. Une adaptation qui n’affecte pas beaucoup les géants du business mais plus difficile pour les 650 000 petits producteurs.

Les plantations d’huile de palme, qui recouvrent 15% du territoire malaisien ont donc continué à produire coûte que coûte, après ces derniers mois compliqués : l’année dernière l’Inde a tenté d’instaurer un boycott de l’huile de palme de Malaisie ; l’Inde n’avait pas apprécié les sorties de son Premier ministre sur le sort des musulmans indiens. Une sécheresse a également affecté les producteurs fin 2019.

Et paradoxalement alors que le pays était entièrement confiné, le mois de mars a vu une hausse de sa production d’huile de palme, une première depuis cinq mois. Mais les producteurs ne se sont pas réjouis pour autant : avec la fermeture des restaurants et des cantines dans tous les pays confinés, la demande de l’agro-alimentaire s’est vite essoufflée. L’effondrement du prix du pétrole brut a aussi eu une répercussion sur l’huile de palme vendue comme biodiesel. Le marché domestique reste donc favorisé en attendant la fin de la pandémie mondiale.

Mais alors que la demande globale commençait à s’affaisser, l’Etat de Sabah, sur l’île de Bornéo a annoncé une autre mauvaise nouvelle aux producteurs d’huile de palme. Certains travailleurs s’étant rendu au rassemblement de la mosquée Sri Petaling près de Kuala Lumpur, connue désormais comme un des plus grands foyers de contaminations du pays, le coronavirus est arrivé jusqu’aux plantations de Bornéo.

Six districts ont alors été sommés de fermer leurs productions. Rapidement les exploitants ont demandé aux gouvernements s’ils pouvaient continuer les opérations essentielles de récoltes, broyages et évacuations des cultures. Le 10 avril, le gouvernement de Sabah a assuré que les exploitations qui ne comptaient pas de cas de coronavirus pourraient reprendre.

Avec rfi.fr

 

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