Planète : « La dégradation des terres est un enjeu vital pour l’humanité »

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Plantation d'arbres pour freiner l'avancée du désert Chine ; Plantation d'arbres visant à stabiliser les sols et endiguer la progression du desert, en périphérie de la ville de Xilinhot. Un vaste programme de revégétalisation a été mis en place dans le Nord de la Chine, en réponse au nombre croissant de vents de sables qui balayent l'agglomération de Pekin chaque printemps. Toutefois, ce projet est soumis à controverses : capacité des arbres à s'implanter durablement dans des sols asséchés et appauvris, plantations mono spécifiques de faible intérêt écologique... Pour la Chine, c'est cependant un argument pour justiier d'une politique environnementale, et pour être le pays qui plante le plus d'arbres au monde.

Selon alerte le secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies pour la lutte contre la désertification, Ibrahim Thiaw, les conséquences de l’appauvrissement des sols affectent trois milliards de personnes.

 

Issue du Sommet de la Terre de Rio de 1992, aux côtés des conventions sur les changements climatiques et sur la diversité biologique, la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification tiendra sa 14e Conférence des parties du 2 au 13 septembre à New Delhi, en Inde. Son nouveau secrétaire exécutif, le Mauritanien Ibrahim Thiaw, appelle à un changement de modèle de production et de consommation.

Le 17 juin est la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse. Quelle est l’ampleur de ce phénomène ? Deux milliards d’hectares de terres sont aujourd’hui dégradés dans le monde, du fait des activités humaines et du réchauffement climatique. C’est un processus qui s’accélère et qui touche tous les continents, sans exception. L’Afrique est bien sûr la plus touchée, mais c’est aussi le cas de l’Asie, de l’Amérique latine et même de l’Europe du Sud. Cette situation affecte 3 milliards de personnes – à commencer par leur accès aux ressources alimentaires et à l’eau, qui sont parmi les plus pauvres et les plus vulnérables. Et on estime qu’elle entraîne une perte de 10 % du PIB mondial.

Le terme de « désertification », qui s’applique à l’ensemble des zones arides, semi-arides et subhumides, a un aspect réducteur. Il peut faire penser que le phénomène est localisé aux seules zones désertiques, alors que la dégradation des terres est en réalité mondiale. La convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification est moins connue que celle sur le climat et sur la biodiversité.

Ce sont pourtant les trois pièces d’un même puzzle. Début mai, le rapport de l’IPBES [Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques] a alerté sur le fait qu’un million d’espèces sont menacées d’extinction. La cause principale en est la destruction des écosystèmes naturels qui, s’ils étaient préservés et restaurés, favoriseraient au contraire le maintien de la biodiversité. De la même façon, la déforestation et la perte de milieux naturels contribuent fortement au réchauffement planétaire, en réduisant le stockage du carbone dans les sols et les végétaux. La qualité des terres est donc à la fois une menace et une solution pour le climat et pour la biodiversité.

Cette convention, adoptée en 1994, a un quart de siècle d’existence. Quel est son bilan. D’abord, elle a permis de mieux comprendre la réalité de la dégradation des terres, sur laquelle existaient peu d’études et qui fait aujourd’hui l’objet d’un consensus scientifique. Ensuite, elle a permis une coopération internationale qui n’existait pas sur ce sujet. De par son caractère de traité juridiquement contraignant pour les Etats – elle compte aujourd’hui 197 « parties » [196 pays et l’Union européenne], elle a aidé à orienter les politiques nationales d’agriculture et d’usage des sols vers des pratiques plus durables.

Avec Le Monde

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